Dans une interview au site lepoint.fr, Marielle de Sarnez, députée européenne, vice-présidente du Mouvement Démocrate, livre son analyse sur le Conseil National du Mouvement Démocrate, qui se réunit samedi 4 juillet, et revient sur les conséquences du scrutin européen du 7 juin dernier. (Lire la suite)
lepoint.fr : Avec le recul, comment vous expliquez-vous l'échec du MoDem aux européennes ?
Marielle de Sarnez : Dans une campagne, quand rien ne marche, rien ne marche. Nous étions dans une stratégie très politique et les électeurs ne l'étaient pas. C'était une erreur. Mais ce qui est
très important quand on subit un échec, c'est de l'assumer et de le comprendre. Il faut savoir se remettre en cause. Pendant un mois, nous avons fait l'analyse de l'échec de façon ouverte et
transparente. Il y a eu des réunions d'adhérents dans toute la France. C'était utile et nécessaire, c'est bien que François Bayrou l'ait souhaité. Lui-même a d'ailleurs pris toute sa part dans
l'échec, c'est positif et rare en politique.
lepoint.fr : Quelles sont les priorités aujourd'hui ?
Marielle de Sarnez : Le MoDem est un très jeune mouvement. Il a été confronté depuis sa naissance, en mai 2007, à une succession d'élections et il a manqué de temps pour poser des fondations
solides en termes d'organisation, de projet, d'équipe, de gestion de ressources humaines. Il faut maintenant régler tout cela, nommer un chef de cabinet, des porte-parole, des secrétaires
nationaux... Il faut mettre en place une mode opérationnel plus innovant et plus ouvert. Il faut aussi doter ce mouvement d'un corps de pensée partagé par tous les adhérents. Je propose un
congrès programmatique à l'automne et j'espère que le conseil national ira dans ce sens samedi. Il y a plein de sujets sur lesquels on a besoin de débattre, le nucléaire par exemple.
lepoint.fr : Comment le MoDem aborde-t-il les régionales 2010 ?
Marielle de Sarnez : La question de la stratégie est très importante et il faut en débattre avec les adhérents. Est-ce qu'on va tout seul aux régionales ? Est-ce qu'on y va avec des partenaires ?
Est-ce qu'il y a des convergences qui peuvent apparaître avec des acteurs de la société civile, avec d'autres politiques ? Ces questions sont ouvertes et je souhaite que les militants s'expriment
dans les semaines à venir, sans tabou, sans préjugé.
lepoint.fr : Une manière de faire taire ceux qui disent que François Bayrou dirige ce parti de façon autoritaire et sans concertation ?
Marielle de Sarnez : Si François Bayrou n'était pas là, le MoDem n'existerait pas. Ça, c'est dit. Le centre serait toujours allié et vassalisé à la droite et à l'UMP. Il n'aurait pas pris ce
chemin d'indépendance, qui est semé d'embûches, mais nécessaire à la refondation d'un nouveau projet de société pour demain. Maintenant, c'est vrai que le revers de la médaille, c'est que
François Bayrou est trop souvent seul en ligne et qu'il prend les coups tout seul. C'est son esprit "batailleur", comme il dit. Alors oui, il faut qu'il soit moins batailleur, que d'autres
personnes montent au créneau. Il faut surtout faire émerger une génération nouvelle. Les régionales doivent d'ailleurs être aussi là pour ça.